En République centrafricaine, l’armée reprend le contrôle du fief rebelle de Bossangoa

En République centrafricaine, l’armée reprend le contrôle du fief rebelle de Bossangoa

En République centrafricaine, l’armée reprend le contrôle du fief rebelle de Bossangoa

L’armée de la République centrafricaine, soutenue par les alliés russes et rwandais, a repris le contrôle du fief rebelle de Bossangoa, a annoncé le gouvernement centrafricain, mercredi 24 février.

Selon l’ONG Amnesty International, qui s’appuie sur des témoignages, des images satellites et des analyses de photographies, quatorze personnes, dont au moins deux civils, ont été tuées à Bambari, la cinquième ville de Centrafrique, le 16 février, à l’intérieur d’un édifice religieux, en marge d’affrontements entre les forces progouvernementales et les groupes armés.

« La vidéo a également permis de voir en gros plan certains de ces cadavres, dont une femme et un enfant », explique l’ONG, qui estime que les victimes « ne portaient pas de tenues militaires »« Nous ne pouvons pas être affirmatifs sur le fait que toutes les victimes soient des civils, mais nous sommes sûrs pour la femme et l’enfant, a déclaré Abdoulaye Diarra, chercheur sur l’Afrique centrale à Amnesty International. Nous demandons une enquête pour faire toute la lumière. »

Le gouvernement centrafricain avait annoncé le 17 février la « libération totale » de Bambari et la capture de « nombreux prisonniers », mais n’avait communiqué aucun bilan sur d’éventuelles pertes civiles et militaires.

Amnesty International appelle dans son communiqué « les autorités à protéger les civils et diligenter des enquêtes judiciaires indépendantes sur les abus et les violations des droits humains perpétrés par des membres des groupes armés et des forces de sécurité ».

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Offensive de groupes armés

A la mi-décembre, six des plus puissants groupes armés qui contrôlaient les deux tiers de la Centrafrique, en guerre civile depuis huit ans, se sont alliés au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), puis ont lancé une offensive contre le régime du président Faustin-Archange Touadéra.

Les rebelles se sont heurtés à des forces bien mieux armées et équipées : quelque 12 000 casques bleus de la force de maintien de la paix de la Minusca, présents depuis 2014, mais aussi des centaines de militaires rwandais et paramilitaires russes dépêchés fin décembre par leurs pays à la rescousse de M. Touadéra et d’une armée démunie. Depuis le mois de janvier, les forces progouvernementales ont repris plusieurs villes aux rebelles.

Amnesty International précise que les victimes portaient des blessures issues de « la détonation d’une munition produisant des fragments », sans donner plus de détails.

« Nous n’avons pas tous les éléments nécessaires pour déterminer la légalité ou non de cette attaque du 16 février, mais nous tenons à rappeler à toutes les parties au conflit que les attaques visant des cibles civiles sont prohibées par le droit international humanitaire et que des précautions particulières doivent être prises afin de protéger les bâtiments consacrés à la religion et les centres de santé », a déclaré Abdoulaye Diarra.

L’ONG Médecins sans frontières avait également annoncé avoir traité une trentaine de blessés dont huit femmes et neuf mineurs âgés entre 17 mois et 17 ans blessés par des balles et des éclats d’obus dans les combats à Bambari.

Selon Amnesty International, « au moins deux personnes » ont été tuées par balles et six autres ont été blessées le 11 janvier « par les forces de sécurité » dans un incident lié au non-respect du couvre-feu imposé dans la capitale, Bangui.

gtva

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